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Entretien avec Cridacompany
Emilie Gianre :
A l'occasion de vos deux résidences, en juin et septembre,
nous avons pu découvrir des extraits de Aïe. Votre démarche
artistique est originale, drôle et décalée.
Ce fut une très belle surprise pour le public présent.
Différentes disciplines nourrissent votre travail, de quelle
façon ?
Nous cherchons autour du mouvement (danse,
portés acrobatiques, manipulation d'objet) mais aussi du
côté du son, de la musique. Nous nous mettons tous
entiers au service de la création. Nous ne nous interdisons
rien. C'est la proposition dramatique qui commande. Parallèlement
à notre recherche de cirque, nous avons différents
projets qui évoluent ensemble. Un travail plastique autour
de la photo, les installations sonores et surtout la musique avec
la création du groupe Jur et notre deuxième album
qui vient de sortir. Tous ces projets ne sont pas liés dans
leur forme mais sont nés d'une même énergie.
Emilie Gianre : La
Cridacompany s'est créée à partir de la rencontre
de Jur Domingo et Julien Vittecoq. Plusieurs spectacles et performances
se sont succédé depuis. Quel est votre parcours ?
Jur : Avant de me former dans
les arts du cirque (école de Madrid, école de Barcelone
et Lido de Toulouse) je faisais du théâtre dans la
rue et je
chante aussi depuis toujours avec mon père.
Julien : J'ai découvert
la scène au sein de la compagnie Red Notes (Andy Degroat)
et je me suis formé au mime (Ecole Marcel Marceau, Paris)
puis aux
arts du cirque à Toulouse.
Nous avons appris surtout beaucoup ensemble, l'un de l'autre. En
nous observant. En jouant ensemble.
Emilie Gianre : Dans
Aïe, un troisième artiste, Nicolas Arnould a rejoint
votre duo. Comment est née cette collaboration et quelle
est sa place ?
Nous avions envie d'ouvrir cet univers à une autre présence.
Nicolas n'a pas le même parcours que nous. Ses outils sont
différents. Nous tentons d'exister ensemble sur le plateau.
Pour nous, l'arrivée de Nicolas représente un réel
évènement. Beaucoup de nouvelles questions, problématiques
sont apparues. Nous dansons, jouons ensemble. Aïe est bien
un trio.
Emilie Gianre: Entre
performance et esthétique, comment exploitez-vous les corps
? Quelles sont vos sources d'inspiration
et vos limites ?
Avec nos corps, on cherche. Ces corps sont eux-mêmes une source
d'inspiration. Ils sont capables de certaines choses et incapables
d'autres.
Nous cherchons beaucoup autour de nos limites respectives. On observe
les gens, les animaux. Petit à petit, un langage apparaît.
Nous sommes à la recherche de petits exploits.
Emilie Gianre : Quelle
sont les images, les obsessions qui vous accompagnent dans votre
travail ?
Jouer toujours plus. Essayer de provoquer des sensations. Tenter
d'échapper.
Emilie Gianre :
Au niveau de la mise en scène, vous avez opté pour
un style épuré et simple. Comment l'avez-vous imaginé
?
Nous travaillons beaucoup à l'instinct. Nous avançons
à petit pas, comme dans la nuit. On a peur de s'encombrer
de choses ou d'histoires qui ne sont pas essentielles pour nous.
Je ne sais pas si la mise en scène est simple mais c'est
vrai que l'on évolue dans un monde sans décors avec
des accessoires qui parsèment la scène.
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