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Entretien avec Nicolas Bonneau
Paroles d'artiste, Nicolas Bonneau pour le spectacle Fait(s) divers [A
la recherche de Jacques B.]
Après une immersion dans
le monde social et politique, avec Sortie d'usine et Inventaire 68, Nicolas
Bonneau continue d'interroger notre société, et cette fois-ci,
il s'attaque au fait-divers.
Emilie Gianre : Comment
est née ton envie d'évoquer un fait divers dans ton prochain
spectacle ?
De quelle manière comptes-tu aborder le sujet ?
Nicolas Bonneau : Ce qui m'intéresse
avant tout, c'est l'humain, les gens, les émotions, leur quotidien
; c'est ça qui me bouleverse, regarder les gens vivre, puis les
révéler par le biais de la scène et de ma parole
de conteur. Et après, je plonge tout cela dans un contexte social,
politique. Le fait divers referme tout cela. C'était donc un sujet
pour moi. J'y rajoute une quête personnelle, qui je pense concerne
plus ou moins chacun de nous : questionner notre part d'ombre, notre relation
aux autres, au crime, au mal, notre fascination pour tout cela, notre
part de voyeurisme
et avec tous ces matériaux, raconter une
histoire, un polar, un conte onirique, un road-movie, créer des
ambiances.
Emilie Gianre :
Dans Sortie d'usine, tu avais collecté des entretiens d'ouvriers
et travaillé cette matière pour la mettre en scène.
Pour Fait(s) divers [A la recherche de Jacques B.], comment as-tu procédé
et quelles sont tes sources d'inspiration ?
Nicolas Bonneau : Il y a le contexte,
c'est-à-dire la justice, les victimes, la prison, le journalisme,
la Picardie (ça se passe là-bas). Donc, rencontrer avocats,
juges, chroniqueurs judicaires, gendarmes, faire des ateliers en prison
Toutes choses qui vont venir nourrir mon " contexte social et politique
", donner un côté documentaire. Il y a les lectures,
les films, la musique, les rencontres avec des auteurs de polar. Et aussi
et surtout, raconter ma propre enquête, mes propres expériences
à la recherche de ce tueur, Jacques Bonneau
puisqu'il porte
le même nom que moi
Emilie Gianre : Au
niveau de l'écriture, tu travailles avec Anne Marcel, metteur en
scène et scénographe. Comment se traduit cette collaboration
artistique ? Quelles seront vos partis pris de mise en scène ?
Nicolas Bonneau : Nous travaillons ensemble
depuis plusieurs spectacles, elle st comme une sage femme, elle essaie
d'accoucher du spectacle dont j'ai rêvé, m'accompagne, collabore,
me pose des questions, propose de la dramaturgie. Nous sommes dans une
dialectique, exigeante, confiante.
http://www.myspace.com/laskocolektif
http://alarecherchedejacquesbonneau.blogspot.com
http://nicolasbonneauconteur.hautetfort.com
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