Le Journal du Théâtre - numéro 21 - Décembre 2010 / Janvier 2011

Entretien avec Nicolas Bonneau
Paroles d'artiste, Nicolas Bonneau pour le spectacle Fait(s) divers [A la recherche de Jacques B.]

Après une immersion dans le monde social et politique, avec Sortie d'usine et Inventaire 68, Nicolas Bonneau continue d'interroger notre société, et cette fois-ci, il s'attaque au fait-divers.

Emilie Gianre : Comment est née ton envie d'évoquer un fait divers dans ton prochain spectacle ?
De quelle manière comptes-tu aborder le sujet ?

Nicolas Bonneau : Ce qui m'intéresse avant tout, c'est l'humain, les gens, les émotions, leur quotidien ; c'est ça qui me bouleverse, regarder les gens vivre, puis les révéler par le biais de la scène et de ma parole de conteur. Et après, je plonge tout cela dans un contexte social, politique. Le fait divers referme tout cela. C'était donc un sujet pour moi. J'y rajoute une quête personnelle, qui je pense concerne plus ou moins chacun de nous : questionner notre part d'ombre, notre relation aux autres, au crime, au mal, notre fascination pour tout cela, notre part de voyeurisme… et avec tous ces matériaux, raconter une histoire, un polar, un conte onirique, un road-movie, créer des ambiances.

Emilie Gianre : Dans Sortie d'usine, tu avais collecté des entretiens d'ouvriers et travaillé cette matière pour la mettre en scène. Pour Fait(s) divers [A la recherche de Jacques B.], comment as-tu procédé et quelles sont tes sources d'inspiration ?
Nicolas Bonneau : Il y a le contexte, c'est-à-dire la justice, les victimes, la prison, le journalisme, la Picardie (ça se passe là-bas). Donc, rencontrer avocats, juges, chroniqueurs judicaires, gendarmes, faire des ateliers en prison… Toutes choses qui vont venir nourrir mon " contexte social et politique ", donner un côté documentaire. Il y a les lectures, les films, la musique, les rencontres avec des auteurs de polar. Et aussi et surtout, raconter ma propre enquête, mes propres expériences à la recherche de ce tueur, Jacques Bonneau… puisqu'il porte le même nom que moi…


Emilie Gianre : Au niveau de l'écriture, tu travailles avec Anne Marcel, metteur en scène et scénographe. Comment se traduit cette collaboration artistique ? Quelles seront vos partis pris de mise en scène ?
Nicolas Bonneau : Nous travaillons ensemble depuis plusieurs spectacles, elle st comme une sage femme, elle essaie d'accoucher du spectacle dont j'ai rêvé, m'accompagne, collabore, me pose des questions, propose de la dramaturgie. Nous sommes dans une dialectique, exigeante, confiante.

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