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On samusait plus
quand on était enfant
Dans un univers totalement blanc et froid qui évoque
le grand nord américain, évoluent trois
hommes et deux femmes que lon suppose frères
et soeurs. Ils se retrouvent peut-être à
loccasion dun enterrement. La famille et
la perte, les souvenirs, et puis très vite, les
gestes de lenfance : les jeux, les bousculades,
les contes à dormir debout, les courses-poursuites,
les chansons, les parties sans fin de déguisement,
tout remonte à la surface. La mémoire
sinfiltre dans les gestes, elle craquelle les
rires et fend linsouciante chamaille. Les simulacres
de famille, les folles peurs, les écorchures
anciennes, les secrets viennent cogner pêle-mêle
au conscient du présent, semparent des
corps et chargent le mouvement dune violence retenue.
Très plastique, insolite mais impeccablement
tenu par la dramaturgie, Happy
Child chemine aux lisières du réel
et du fantasme et creuse les silences de nos histoires.
Ce spectacle rayonne dune pure beauté ludique,
il rend à la scène une candeur qui émerveille.
Son sens de léconomie visuelle relève
dune esthétique minimaliste sans ostentation.
Joyeusement âpre autant quintriguant, le
conte théâtral et chorégraphique
de Nathalie Béasse
touche cette intime énigme, douce et douloureuse,
que laisse notre enfance : une enfance retrouvée
sur un mode déjanté, joyeux et festif.
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