|
Au centre de lespace,
une table. Autour de la table, les comédiens.
À proximité des comédiens, les
spectateurs.
Pour ce vaudeville tragique, nous voulons que les spectateurs
se sentent inclus dans lespace de jeu, lobjectif
étant de démythifier le rapport des spectateurs
à lespace théâtral. Ils sont
chez eux, chez nous.
Rodolphe Dana
Le vieux et vaniteux professeur Sérébriakov
est venu se retirer à la campagne, dans
la maison de sa première épouse. Cette
arrivée perturbe la vie paisible de Sonia, la
fille du professeur, et dOncle Vania, qui à
eux deux exploitent tant bien que mal le domaine. Lattention
des proches et de Vania lui-même, très
vite, se cristallise sur Eléna, la seconde et
très désirable jeune épouse de
Sérébriakov. La crise éclate. Inévitable.
Violente.
Puis, cest avec le départ du couple, le
retour au calme. Mais cest là que se révèle
la véritable nature du drame : la résignation.
Car cest de cela quil sagit : lhiver
à la campagne, le thé à sept heures
du matin, les soirées interminables, le dégoût
des autres et surtout de soi-même... Lennui,
comme une espèce de boue gluante dans laquelle
ils senlisent, comme des sables mouvants qui les
engloutissent tous.
Dans un dernier sursaut, ils sortent la tête,
essaient de haïr, daimer, de tuer, de se
tuer... Ils nen ont plus la force, ni lenvie.
Rien que de penser à tout ce quils auraient
pu être, à tout ce quils auraient
pu faire... Oui, mais quoi ? Ailleurs, sans doute, il
existe autre chose, une autre vie...
|