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8760 heures. De septembre à
septembre. 365 nuits. Que vivons-nous dans une année,
que retenons-nous de ces 8760 heures ? Combien de temps
dure un souvenir ?
La compagnie Théâtre à cru
samuse à mélanger les genres : entre
musique, théâtre et arts plastiques, elle
mêle chant, texte, performance et vidéo.
À travers ce «concert théâtre»,
elle invente sa propre forme scénique, originale
et audacieuse : un art du récit déstructuré
et fragmenté, au service dune autofiction
individuelle et collective.
Elle nous embarque dans un voyage, réel ou fantasmé,
plein de surprises sonores et visuelles, plein de ces
émotions contradictoires qui hantent notre quotidien
: la légèreté dun rire de
vacances, la gravité de la solitude, lespoir
dune rencontre
Sur le plancher usé, vestige dun petit
bal perdu, un joyeux bazar accueille les spectateurs
: au milieu des pieds de micro et des platines de mixage,
autour du piano
électro, une foule daccessoires attendent
leur entrée en scène.
Les textes joués ou chantés ne parlent
pas seulement damour et de désillusions,
ils proposent une réflexion politique, à
la fois pertinente et humble, lucide et responsable,
consciente de ses propres limites. Ils mettent à
jour des liens entre lémergence de la pornographie
et le marché de neuroleptiques dans les années
70, entre lhypocrisie de lordre moral et
la lente reconnaissance du sida dans les années
80. Dans cet univers étrange et fascinant, bercé
de rythmes pop rock, de bruitages hétéroclites,
balayé par des lumières tamisées,
des anges solitaires et mélancoliques nont
pas peur de perdre quelques plumes
pour nous consoler
de nos vagues à lâme.
Estelle Gap, Les trois coups
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