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Après le Liban de Littoral,
le Moyen-Orient dIncendies, les camps de concentration
de Forêts, lambiance dune grande organisation
internationale pour Ciels, la Russie de Seuls, nous
voilà plongés dans lunivers de Fermont,
une ville nordique québécoise, pour cette
nouvelle création de Wajdi Mouawad : Temps
Deux frères et une soeur se retrouvent quarante
ans plus tard pour liquider la succession de leur père
mourant. Cela se passe lhiver, dans la ville minière
de Fermont, à la frontière avec le Labrador,
où les températures peuvent descendre
jusquà - 60°C. Pour lutter contre la
violence des vents, un mur écran a été
construit derrière lequel vivent les habitants
de Fermont, dont la plupart sont employés par
la compagnie qui gère la mine de fer. Entre lintérieur
de la maison où a lieu la rencontre des enfants,
et lextérieur où les vents violents
qui balaient la ville nempêchent nullement
une invasion de ses rues par une horde de rats, quelque
chose va sourdre, comme une blessure mortelle et ancienne,
que les enfants vont devoir confronter pour retrouver,
peut-être, une sensation de légèreté.
Mais la légèreté se paie aujourdhui
au prix fort. Ils en feront lexpérience.
Wajdi avait fait le choix de venir les poches
vides, du moins, le plus possible. Pendant des mois,
il avait tenté de garder fermé «le
couvercle de la marmite», empêchant son
esprit de trop construire, désirant être
le plus libre, le plus vierge possible, habité
par le désir secret de se déporter.Ne
pas construire, ne pas prévoir, pour «dériver».
Ce mot a été le premier prononcé
et nous a offert lembarcation sur laquelle nous
nous sommes installés.
Charlotte Farcet, dramaturge
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